Appel pour Haïti : « Tout ou presque est contre nous, mais il nous faut sauver une génération. »
Lettre d'Emmline Toussaint, de BND, l'un de nos partenaires en Haiti
« Tout ou presque est contre nous, mais il nous faut sauver une génération. »
La situation en Haïti a toujours été difficile – dominée par la violence des gangs et l’instabilité – mais je ne me souviens pas d’un moment où les choses ont été aussi désespérées.
Les gangs contrôlent 90 % de notre capitale, Port-au-Prince, nous faisons face à la pire crise alimentaire de notre histoire, et plus de 1,4 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays – environ la moitié sont des enfants.
Je me souviens de ma propre enfance. On pouvait sortir dans son jardin et jouer avec d’autres enfants du même âge. Aujourd’hui, si une journée passe sans entendre de coups de feu, c’est une bonne journée. Mais les tirs, c’est tous les jours, absolument tous les jours.
Les gens essaient de fuir le chaos pour sauver leur vie et celle de leurs enfants. Les enfants sont les plus vulnérables face aux gangs, à cause de la faim, et une fois qu’ils ont rejoint un gang – attirés par la promesse de nourriture – il est trop tard. Nous avons vu des enfants de seulement huit ou neuf ans être recrutés par les gangs.
Ces enfants, qui devraient être à l’école, sont l’avenir d’Haïti. L’éducation est leur meilleure défense, et ils ont besoin de notre soutien pour rester sur le bon chemin. Ils ont besoin de Mary’s Meals. Un enfant qui ne peut pas manger ne peut pas réfléchir. Nous devons nous battre pour eux.
La motivation d’aller à l’école vient du fait de savoir qu’il y aura de la nourriture là-bas. S’ils restent à la maison, ils ne savent pas s’ils mangeront ce jour-là. En se réveillant le matin, la première chose à laquelle ils pensent, c’est survivre, alors la nourriture joue un rôle essentiel pour les amener à l’école.
Malgré les atrocités qui se déroulent dans mon cher Haïti, notre personnel est prêt à aller au-delà de ce qu’on attend d’eux pour permettre ce programme d’alimentation scolaire. Lorsque nous arrivons dans une école et que nous voyons des enfants sourire, des cuisiniers préparer la nourriture, et des enseignants heureux, il y a de l’espoir, car vous savez que vous faites ce qu’il faut.
Si, malgré tout, nous pouvons encore être ici pour aider les enfants, alors il y a de l’espoir.
Merci d’avoir pris le temps de lire cette lettre.
Bien à vous,
Emmline Toussaint, BND, l'un des partenaires de Mary's Meals en Haiti